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La cécité

Un non-voyant se balade dans le parc de l’école accompagné de son chien à gauche. Il tient à sa droite sa canne blanche.
Il existe bien entendu une définition légale de la cécité ainsi, la Classification Internationale des Handicaps, codifie de manière précise les principales formes d'atteintes visuelles, que celles-ci soient provoquées par une déficience de l'acuité visuelle de l'un ou des deux yeux, par une réduction du champ visuel, par une atteinte des structures annexes de la fonction visuelle ou par une lésion cérébrale générant des troubles neuro-visuels. Toutefois, si l'on ne retenait comme critères descriptifs que l'acuité et le champ visuel, il serait possible de classer en cinq grandes catégories les déficiences visuelles, cependant que celles-ci pourraient se décliner en autant de formes diverses qu’il y a de sujets atteints.

En effet, entre l’aveugle de naissance et l’aveugle tardif, entre celui qui n’a plus qu’une vision résiduelle périphérique et celui qui ne perçoit son horizon qu’à travers un orifice comparable au diamètre d’un spaghetti, entre le malvoyant capable de lire encore son journal mais totalement aveugle dès que la nuit tombe et celui qui ne se sent à peu près à l’aise que dans la pénombre, il y a autant de différences qu’entre le jour et la nuit, le ciel et l’eau, le noir et le blanc. En résumé, il y a autant de cécités que de personnes aveugles.
Pourtant, des cinq catégories évoquées, on peut dégager les grandes lignes suivantes :
    • La cécité totale : vision totalement abolie ou absence totale de perception lumineuse ;
    • la cécité légale : acuité visuelle centrale inférieure à 1/20 (0,05) du meilleur œil après correction, ou champ visuel inférieur à 10° et ce, quelle que soit l'acuité visuelle ;
    • la quasi-cécité : acuité visuelle centrale égale ou inférieure 1/20 aux deux yeux avec déficience des champs visuels périphériques lorsque le champ visuel dans le secteur le plus étendu n’excède pas 20° ;
    •la cécité professionnelle : acuité visuelle inférieure ou égale à 1/20 du meilleur œil après correction, ou champ visuel inférieur à 20° dans son secteur le plus étendu ;
    • La basse vision ou malvoyance : acuité visuelle inférieure à 3/10 (0,3) du meilleur œil après correction mais supérieure à 1/20 (0,05).
    •La mention Cécité (étoile verte) sera apposée sur la carte d'invalidité des personnes dont la vision est nulle ou inférieure à 1/20.
    •La mention Canne blanche sera apposée sur la carte d'invalidité des personnes dont la vision est au plus égale à 1/10.

Quoi qu’il en soit, cécité totale, quasi-cécité, cécité professionnelle ou malvoyance grave sont toujours des atteintes très handicapantes avec impossibilité de lire, de conduire, de se déplacer normalement, de déchiffrer les panneaux de signalisation, d’exercer le métier de son choix, etc. Elles font toutes partie des handicaps dits : handicaps «lourds».
L’ensemble de ces affections oculaires touche près de 5000000 de personnes en France et, compte tenu du vieillissement de la population, la DMLA pour sa part (dégénérescence maculaire liée à l’âge), est en grande partie responsable de ces chiffres alarmants.


Vie quotidienne des aveugles Lien avec le dossier de presse : être aveugle aujourd’hui
Emploi
Sur 15 000 aveugles entre 20 et 60 ans en mesure d’occuper un emploi, environ 5000 exercent une activité professionnelle :
900 masseurs-kinésithérapeutes, 1300 standardistes, 1500 sténodactylos, 1000 musiciens professionnels, certains autres sont accordeurs de piano, ouvriers manuels ou agricoles, sans oublier ceux qui travaillent dans les ateliers protégés.

Grâce aux nouvelles technologies, entre autres matériels adaptés qui leur sont désormais accessibles, les aveugles pourraient bien davantage embrasser des carrières dites intellectuelles, malheureusement, les moyens sont encore très insuffisants en matière de scolarité (bien peu accèdent aux études supérieures) et surtout, on ne leur fait pas encore assez confiance : ce sont les mentalités qui devraient changer, les chefs d’entreprises qu’il faudrait convaincre. En effet, malgré quelques attachés clientèle, juristes, professeurs, psychologues voire psychiatres, la majorité des aveugles ne peuvent accéder à un emploi du fait de leur handicap.

Matériel adapté


Le tout premier outil mis à la portée des aveugles afin qu’ils aient accès à la lecture et l’écriture fut l’alphabet Braille (du nom de son inventeur Louis Braille 1809-1852). Système ingénieux basé sur les combinaisons de six petits points en relief, lettres, chiffres, ponctuations, notes musicales, se lisent avec les doigts. Cet alphabet Braille a été adopté par tous les pays du monde, traduit dans toutes les langues.

Manuellement, il s’écrit à l’aide d’une tablette dans laquelle on insère une feuille de papier ; d’une réglette munie des six petites encoches nécessaires et d’un poinçon servant à percer le papier à l’emplacement adéquat selon la lettre que l’on souhaite inscrire. A mesure qu’une ligne est terminée, on descend la réglette pour rédiger la ligne suivante. Cependant, l’aveugle doit écrire de droite à gauche et tracer ses lettres à l’envers de façon à ce que, une fois la feuille retournée pour toucher du doigt les petits reliefs ainsi créés, on puisse lire normalement de gauche à droite. Toutefois, il existe des machines à écrire le Braille et ces machines dites « Perkins » ont l’immense avantage de ne posséder que six touches matérialisant les six points Braille et de plus, elles frappent les lettres directement dans le bon sens.

Mais aujourd’hui, les ordinateurs font encore mieux ! Munis de plage Braille aux points éphémères s’effaçant sitôt lus pour laisser place aux suivants, ils permettent de lire très rapidement n’importe quel document. Hélas, trois fois hélas ! Ces matériels tellement performants sont très onéreux (de l’ordre de 15 à 20 000 €) et bien peu accessibles au pouvoir d’achat des personnes non-voyantes. La plupart du temps, ils ne peuvent être acquis que dans la perspective d’un emploi ; ils sont alors pris en charge par un organisme : l’AGEFIPH, spécialisé dans l’insertion professionnelle des personnes handicapées, association qui financera ce matériel adapté dès lors qu’un chef d’entreprise acceptera d’engager un non-voyant.

D’autres matériels adaptés faciliteraient considérablement la vie quotidienne des déficients visuels : téléagrandisseurs pour les malvoyants, toutes sortes d’appareils parlants depuis la montre jusqu’aux ordinateurs munis de synthèse vocale, machines à lire, en passant par les balances de ménage ou pèse-personnes, les thermomètres, les calculatrices, divers appareils ménagers, et autres GPS, seulement voilà, tout ceci reste encore très onéreux (pas assez de marchés, pas assez rentables). Chacun acquiert petit à petit l’essentiel, faisant souvent appel à la générosité des associations, parfois à une aide ponctuelle (toujours accordée avec grande parcimonie) des MDPH (maisons départementales des personnes handicapées).

         

Vue panoramique du Centre Aliénor